Pour une langue vivante qui appartient à ceux qui la pratiquent !

Le 9 juin 2021, la Conférence latine des directeurs de l’instruction publique de Suisse romande et du Tessin (CIIP) a décrété une « étape clef dans l’adaptation de l’orthographe à l’état actuel de la langue ».

Cette décision de la CIIP de prescrire une « orthographe rectifiée » impose de nouvelles règles orthographiques pour l’enseignement du français dans les cantons romands. Cette décision sans concertation a immédiatement générés de multiples réactions.

Il n'est en effet pas le rôle de l’État de décider de nos moyens d'expression. Cette première est un précédent extrêmement important. Pourquoi ne pas imaginer éliminer les mots qui ne plaisent pas à certains ?

Comme indiqué dans notre Constitution cantonale, " L’Etat promeut l’apprentissage et l’usage de la langue française. Il en assure la défense." (art. 5 al. 2.). Décider de la corriger semble bien loin du mandat que nous a confié le peuple. 

Pour rappel, l'orthographe rectifiée n'est pas la réforme française des années 1990, approuvée par l'Académie. Dans sa communication du 5 février 2016, l'Académie française affirme qu'elle n'a aucunement "pensé" cette réforme et a clairement indiqué qu'elle était opposée à "toute prescription obligatoire en matière d'orthographe" : "L’Académie française tient tout d’abord à rappeler qu’elle n’est pas à l’origine de ce qui est désigné sous le nom de « réforme de l’orthographe ». (....) Certaine que l’usage ne saurait être modifié par décret, l’Académie a indiqué être opposée à toute prescription de caractère obligatoire en matière d’orthographe.

Cependant l’Académie a donné son aval à ces recommandations, mais en le conditionnant à ceci : qu’elles soient soumises à l’épreuve du temps. Donc à l'utilisation de la langue par ses usagers !

Souhaitons-nous que nos jeunes qui voyagent à travers la francophonie écrivent « à la suisse » ? 

Nous devons surseoir aux modifications unilatérales décidées par la CIIP, et ne pas modifier les moyens didactiques pour l’instant. Une consultation générale serait la bienvenue afin de définir l’orientation des moyens d’enseignement ainsi que les processus d’intégration futurs des évolutions du langage.

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