Crise COVID: évolution du tissu économique et transitions professionnelles!

La crise sanitaire que le monde traverse depuis début 2020 se double malheureusement d’une crise économique importante. A Genève, le chômage a augmenté de 37% en septembre et en octobre par rapport à la même période en 2019 (source : OCSTAT).

Alors que la plupart des secteurs économiques vont pouvoir rebondir rapidement une fois les difficultés sanitaires passées, certains seront durablement touchés. Le secteur aérien par exemple, montre des revenus en baisse de 72.8% pour le mois de septembre (source : IATA) et des prévisions montrent que la croissance de 2019 ne sera retrouvée que dans 10 ans au plus tôt (source : Archery Consulting). Ces chiffres illustrent les restrictions actuelles, mais également une accélération de la numérisation des rapports professionnels.  

Les entreprises ont fait le pas du télétravail. De nombreux séminaires et congrès sont passés avec succès au format virtuel. Les vidéo-conférences se multiplient, même entre Genève et Lausanne. Ces nouvelles habitudes tendront à se perpétuer.

De ces indicateurs liés aux transports, nous pouvons déduire des changements structurels également dans les métiers liés comme la restauration, l’hôtellerie ou le tourisme.

Alors que la réduction des horaires de travail (chômage partiel) est un outil extrêmement performant pour permettre de passer des crises sur une temporalité limitée en préservant l’emploi ainsi que tout le savoir-faire qui en dépend, nous pouvons craindre qu’une partie de la force de travail présente dans les domaines mentionnés ci-dessus ne voie durablement son activité réduite.

Nous pouvons en parallèle observer, depuis 10 ans, un manque de ressources dans le domaine de la santé. Celui-ci nous a amené à devoir importer du personnel qualifié, n’étant pas en mesure de subvenir à nos propres besoins. Ainsi 39.5% du personnel des HUG réside hors de Suisse, certains membres ayant bien entendu été formés localement (source : Comptes GE 2019).

La dernière évaluation des besoins futurs de l’OBSAN nous indiquait que le pays créera plus de 65'000 postes à plein temps supplémentaires dans les métiers de la santé et des soins à la personne d’ici 2030 (source : OBSAN, 2016). La Confédération annonçait d’ailleurs 11'000 postes vacants au printemps 2020 (source : ATS, 10.06.2020).

La crise actuelle est une opportunité pour pourvoir ces futurs emplois ! Les formations permettant des transitions professionnelles existent. Elles ne prennent malheureusement pas toujours en compte le savoir-faire transversal acquis dans des expériences passées et ne permettent que rarement des certifications en emploi. Cela signifie qu’un individu qui doit supporter des charges de famille par exemple ne sera pas en mesure d’effectuer une transition.

En développant et en déployant des programmes de formation certificatifs et en emploi, nous pourrions faciliter une reconversion pour une force de travail qui va faire face à une baisse d’activité.

Dans Le Temps du 16 mars 2020, Philippe Thurner, Président de l’Association romande des hôteliers, mentionnait qu’ « il faut impérativement que le chemin à parcourir entre l’entreprise et le chômage soit le plus rapide possible. Nous demandons que des gens soient formés pour répondre aux besoins des services de l’emploi ». Il ajoute que « l’on pourrait imaginer que certains métiers hôteliers viennent en renfort du monde hospitalier ». Cette remarque était faite dans une période de crise, mais elle pourrait tout à fait être à propos sur le plus long terme.

Nous avons une opportunité d’améliorer structurellement la situation de milliers de travailleurs genevois en facilitant leur transition vers un domaine d’avenir. N'attendons pas!

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