École publique à Genève : mettons les points sur les « i » !

Au mois d'août, le département de l'instruction publique (DIP) lançait un signal d'alarme lors de sa conférence de presse dédiée à la rentrée scolaire 2020 : « les prévisions de croissance pour 2030 se réaliseront déjà en 2025 », « l'augmentation est inquiétante pour les conditions d'études au niveau primaire» et « nous devons revoir les prestations au niveau du Collège de Genève ». La Conseillère d'État alertait également sur les capacités d'accueil insuffisantes des bâtiments scolaires en voie de se péjorer et les circulaires envoyées aux parents mentionnaient des conditions budgétaires exsangues pour justifier les difficultés vécues lors de la rentrée.

Rappelons quelques réalités quant à la situation de l'instruction publique. 
 

  • L'augmentation des effectifs de personnel cumulés pour le Primaire, ES I, ES II, Enseignement spécialisé et EJSP est de +3.7%depuis 2018 alors que la croissance du nombre d'élèves n'est que de +3.3%durant cette même période. Le DIP se plaint d'un manque de moyens, mais les chiffres montrent une situation plus contrastée.
  • L'explication des difficultés se situe certainement dans le fait que 2 nouveaux postes sur 5 ne sont pas des postes d'enseignants. L'amélioration de la qualité de l'enseignement est directement liée au nombre d'élèves par classe. Il n'est pas acceptable d'augmenter la pression sur le nombre d'enseignants par élève.
  • A la rentrée 2020, le DIP a par ailleurs coupé dans les postes de l'école ordinaire (-53.5 ETP). Il n'est pas acceptable que les communications à la presse et aux parents ne mentionnent pas que les difficultés d'encadrement sont liées à aux priorisations du DIP. 
  • Concernant les difficultés relatives aux locaux, en 2011 et en 2017 les motions 2001 et 2277 avaient été soumises au Conseil d'État pour revoir la planification des bâtiments et prévoir des solutions temporaires. Ce n'est que fin août 2020, dans la situation critique de cette rentrée 2020, que le DIP a finalement déposé un rapport qui était dû 6 mois après le vote des motions évoquées ci-dessus.

 
Le département se doit de mener une réflexion globale et urgente sur les défis qui l'attendent pour les prochaines années. Il n'est pas correct de mentionner les restrictions budgétaires alors que le choix du département a été de baisser le taux d'encadrement par des enseignants pour une augmentation totale du nombre de poste plus importante que celle des élèves.

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Commentaires

  • J'ai le sentiment que vous ne faites qu'effleurer la question en évoquant des sujets d'initiés.
    Le ratio prof/élèves est un sujet qui mériterait un bouquin à lui seul. Il englobe les questions d'école inclusive, d'enseignement par les directeurs, des matières dites premières et secondaires et surtout, depuis le covid-19, l'enseignement à distance.
    Ce qui me semble surtout inquiétant c'est le décalage entre l'enseignement traditionnel et les métiers à venir dans le cadre du développement spectaculaire de l'IA qui remplace déjà l'humain de manière nettement avantageuse dans la plupart des domaines. On en est encore à se demander si les élèves peuvent utiliser des tablettes en classe.
    C'est toute une vision de société que l'école n'a pas et que les politiques sont incapables de concevoir tant ils sont occupés à éteindre des feux, réagir et pleurnicher sur le manque de moyens. Dans tous les départements.
    La politique n'est pas seulement l'art d'accommoder les restes, c'est une cour de récré pour adultes désoeuvrés ou en manque de reconnaissance qui brassent de l'air et qui coûtent cher.
    Vivement la suite avec une démocratie liquide grâce à la blockchain, la suppression des parlements et leurs commissions, envahies de lobbyistes qui ne se contentent plus de la salle des pas perdus, et une participation véritablement directe du souverain.

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